Des artistes et de l'art, vu par les marchands d'art

MOR156D.jpgA méditer: l'envers du décor.

Voici deux extraits de livre dont les auteurs artistes eux-même, nous parlent d'anecdotes qu'ils ont vécues lors de leur rencontre avec des marchands d'art très connus.

Page 59

Extrait du livre intitulé : « De Jean-Christophe à Colas Breugnon » de Romain Rolland (Edition 1946)

Extrait du chapitre nommé : « Chez Ambroise Vollard »

… -Thiesson, avec qui je suis  (et avec Jean Richard Bloch) lui demande comment il se fait que, parmi les grands peintres de la génération précédente (les impresionnistes), Pissaro et Guillaumin se vendent si mal. Vollard explique crûment : 

»-Parce que Mme Pissaro, voyant naguère les prix auxquels se vendaient les œuvres de son mari, a voulu les vendre elle-même, et s’est mise à en amasser une centaine. Alors, nous nous en sommes désintéressés. Vous pensez bien que nous n’avons aucun intérêt à mettre 5 ou 6000 francs dans la poche de Mme Pissaro ».

Il en veut beaucoup aux peintres, qui vendent aux amateurs à moitié prix de ce qu’ils vendent aux marchands. On les met en quarantaine.

« -Un tableau n’a aucun prix par lui-même, dit brutalement Vollard à Thiesson, il ne vaut rien, pas un centime. C’est nous qui lui créons une valeur. Il est bien juste que nous ayons notre part du gain ».

C’est une Bourse; et somme toute, Vollard n’est pas très différent d’un spéculateur, qui joue à la hausse, à la baisse….

(Fin de l’extrait)

Autre extrait d’un autre livre, en l’occurrence :

Jean Cocteau, Le Passé défini, Gallimard, 1954, Tome III.

Dans son journal publié par Gallimard,  Jean Cocteau raconte une scène avec Paul Rosenberg :

« Le jour de la mort de Renoir, je rencontre Paul Rosenberg. Il me dit : “Je suis marchand de tableaux, que voulez-vous, et je donne de petites sommes à la domestique de Renoir pour qu'elle m'annonce sa mort avant les autres. Elle me téléphone ce matin.”
Un monsieur arrive rue La Boétie et je devine tout de suite “qu'il sait” et qu'il imagine “que je ne sais pas”. Bref, il veut “acheter vivant” et moi je fais semblant de vendre vivant et je “vends mort”. Vous suivez ? Le monsieur croit qu'il me roule. Paul Rosenberg commence alors à se rendre compte, d'après ma tête, que son histoire est sordide. Et il ajoute : “Il y a quelqu'un qui a dû bien rire là-haut. C'est le père Renoir.”
“Croyez-vous qu'il y ait des gens ignobles, des gens qui profitent de tout et même des morts ?” »

Jean Cocteau, Le Passé défini, Gallimard, 1954, Tome III

Nous sommes bien peu de chose! Il ne faut pas se leurrer pour les marchands d'art peu importe l'artiste, peu importe la personne, ce qui compte c'est le marché!

En cela ces deux-là auraient encore leur place dans le monde d'aujourd'hui!

 

 

Commentaires

  • Hélas oui ...les marchands d'Art(s) ne sont que de vulgaires commerçants sans trop de scrupules.

    C'est comme ça que se constituent d'immenses fortunes qu'héritent certaines personnes !
    Je ne cite pas de noms. On en a trop parlé pendant l'année.

    J'aimerai qu'un jour tu parles de Modigliani....je ne sais pas pourquoi, depuis toute jeune je fais une fixation sur lui.

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