• l'aquatinte sans acide

    procédé de Mr Keller

    extrait du 

    Bulletin de la Société d'encouragement pour l'industrie nationale, Volume 8, année 1817

    texte explicatif de la méthode de la page 174 à 178

  • gravure

     

    Extrait du

    Dictionnaire de l'industrie manufacturière, commerciale et agricole, par Alexandre Édouard 

    Chapitre sur la gravure à l'eau forte, la gravure en relief et la taille-douce 

    de la page 71 à 120

     

  • Petite histoire de l'aquatinte

     

    art, technique, histoire, aquatinte, Leprince, Stapart, aquatinte au sel, aquatinte à la résine, technique, proportion, recette

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    Gravure au lavis ou aquatinte. 
     
    Pour obtenir un fac-similé de teinte, les graveurs ont été naturellement amenés à chercher un procédé plus rapide que le pointillé ou la manière noire et, naturellement aussi, nous retrouvons beaucoup de gens décidés à revendiquer la paternité de l'invention. 
     
    Jean-Charles François, déjà cité à propos de la gravure en manière de crayon, déclare que son procédé de gravure au lavis était définitif en 1758, date à laquelle il a publié un fac-similé de lavis d'après Boucher. En 1760, Augustin de Saint-Aubin grave une suite des Cinq Sens, par un procédé de lavis, plus régulier que celui de François et dont il paraît tout à fait maître. En 1765, François-Philippe Charpentier, auquel son élève, le Suédois Floding, dispute le mérite de l'invention, vend un procédé de gravure au lavis au comte de Caylus. 
    En 1765, Leprince expose des Estampes imitant les dessins lavés à l'encre de la Chine et au bistre, reçoit les compliments de l'Académie sur cette découverte utile qu'elle a fort approuvée et se la voit contester quelques années plus tard par Boizot. 
     
    En 1773 enfin, Stapart publie l'Art de graver au pinceau. 
     
    Tous les procédés de gravure au lavis comportent une morsure à l'eau-forte avec des réserves pour ménager les blancs ou pour graduer les valeurs, réserves qui se faisaient au XVIIIe siècle avec du vernis à tableaux mélangé de noir de fumée; on, peut les ramener à trois formules : 
     
    • Le lavis à l'eau-forte sur métal nu. 
    C'est le vieux procédé des armuriers, appliqué pour la première fois à la gravure d'estampes par Jérôme Hopfer, qui s'en est servi pour graver un fond chargé de rinceaux dans un portrait de Charles-Quint portant la date de 1520. 
    Ce procédé produit une simple dénivellation du cuivre ; le métal ainsi creusé ne présente pas la succession de creux et de reliefs nécessaire pour retenir le noir et au bout de quelques épreuves on ne voit plus le ton, mais simplement des « cernés » qui marquent le bord des réserves faites avec le vernis au pinceau. C'est par là que François a commencé. 
     
    • Le procédé de Stapart, ou aquatinte au sel.
    Il consiste à saupoudrer de sel, avec un tamis, une planche vernie, maintenue à la température de fusion du vernis. Les grains de sel, par leur propre poids, traversent la couche de vernis, et il suffit, dès que la planche est refroidie, de la tremper dans l'eau, qui dissout le sel, pour avoir un pointillé prêt à subir l'action de l'eau-forte. 
    Stapart préconise, au lieu du cuivre rouge, un alliage de deux parties de cuivre et d'une partie de laiton que les planeurs vendent encore aujourd'hui sous le nom de cuivre rose. 
    Il donne la formule d'un mordant composé de : 
    • 2 parties de sel marin. 
    • 2 parties de sel ammoniac
    • 1 partie de vert de gris. 
    Ce mélange, broyé avec du sirop de vieux miel, s'applique comme de la couleur à l'huile et permet de poser des touches; on reconnaît qu'il a produit tout son effet lorsqu'il est devenu brun en se chargeant de sels de cuivre. 
    Pour les accents vigoureux, Stapart recommande l'emploi de l'acide nitrique, saturé de nitrate d'argent et a
    dditionné d'eau gommée.
     
    • L'aquatinte à la résine de Leprince.  JEAN-BAPTISTE LE PRINCE (METZ 1734-1781 SAINT-DENIS-DU-PORT) 
    Leprince commençait par un trait gravé à l'eau-forte, revernissait la planche et posait les touches correspondant aux touches de lavis avec une mixtion composée d'une partie d'huile d'olive et de trois parties de térébenthine épaissie avec un peu de noir de fumée. Ce liquide dissout le vernis sans produire de bavures, on éponge la planche avec de vieux linges qui font l'office de buvard, on la dégraisse avec de la poudre à perruque (kaolin) et, quand le cuivre apparaît bien propre, on l'humecte avec de l'eau additionnée, pour cinq parties, d'une partie de sucre et d'une partie de savon: c'est un agglutinant sur lequel on tamise de la résine en poudre. Après avoir secoué l'excédent de résine, il faut chauffer la planche jusqu'à ce qu'on voie la résine fondre et former un grenu analogue à celui d'un papier de verre très fin. Entre tous ces grains de résine se trouvent des interstices qui laissent passage à l'eau-forte et la morsure se conduit comme une morsure ordinaire en employant poulies tons légers une partie d'eau-forte et trois parties d'eau, et pour les vigueurs, une partie d'eau-forte et deux parties d'eau.
     
    Tel est le secret de Leprince, secret acheté, après la mort du peintre, à la demoiselle Leprince, sa nièce, moyennant une rente viagère de 1,200 livres, et 600 livres de pot-de-vin une fois payées, le 26 janvier 1782. L'Académie, qui avait été autorisée à faire ce marché, décida, le 23 février suivant, de ne point tenir caché le manuscrit de Leprince et d'en faciliter la copie aux artistes qui le désireraient.