baudelaire

  • les paradis artificiels (3)

    la suivante des lithographies de Hauterives illustrant ce livre: je ne résiste pas à l'idée de vous faire partager cet ouvrage qui n'existe qu'en 300 exemplaires

    a hauterives (4)
    Les paradis artificiels

    Collection " Gravure contemporaine"

    Les paradis artificiels de Charles Baudelaire illustrés de lithos de Hauterives

    Le texte ici

     (collection personnelle)

  • Les paradis artificiels (2)

    a hauterives (9)

    la suivante des lithographies de Hauterives illustrant ce livre: je ne résiste pas à l'idée de vous faire partager cet ouvrage qui n'existe qu'en 300 exemplaires

    Les paradis artificiels

    Collection " Gravure contemporaine"

    Les paradis artificiels de Charles Baudelaire illustrés de lithos de Hauterives

    Le texte ici

     (collection personnelle)

  • Les paradis artificiels

    Collection " Gravure contemporaine"

    Les paradis artificiels de Charles Baudelaire illustrés de lithos de Hauterives

    Le texte ici

     (collection personnelle)

    hauterives (2)

    Les illustrations me ravissent toujours autant chaque fois que j'ouvre ce livre.



    Je vous livre ici le texte d'introduction de cette collection:

    La collection " gravure contemporaine" se propose de rassembler par l'entremise de la gravure originale et des artistes qui l'utilisent, quelques uns des aspects caractéristiques de l'art contemporain. Ce but nous a paru d'autant plus intéressant que la plupart des grands peintres de notre époque gravent une partie importante de leur oeuvre : lithographie,gravure sur cuivre sous toutes ses formes ( burin, pointe sèche, eau-forte, aquatinte, manière noire), sérigraphie ou gravure sur bois. Si quelques uns d'entre-eux ont renoncé au pinceau et au crayon pour n'être plus que des graveurs, c'est qu'ils ont trouvé dans une matière, pourtant difficile à travailler, un moyen d'expression particulièrement riche et nuancé.

    Si l'on aime à donner à l'estampe un rôle décoratif dans l'ornementation murale, il semble en définitive, que l'on éprouve un plaisir plus raffiné à la découvrir entre les feuillets d'un livre aux côtés des mots qui l'on inspirée.

    En présentant tour à tour les principaux graveurs actuels dans l'illustration de leur texte d'élection, nous désirons réaliser un panorama de la gravure contemporaine qui, nous l'espérons, servira la Bibliophilie moderne et fera la joie de l'amateur.


    Pour écouter Arnaud d’Hauterives l'auteur des illustrations c'est ici
    Sa biographie ici

  • au coin d'une rue

    1007034



    Charles Baudelaire

    recueil poèmes divers

    Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre

    Je n'ai pas pour maîtresse une lionne illustre :
    La gueuse, de mon âme, emprunte tout son lustre ;
    Invisible aux regards de l'univers moqueur,
    Sa beauté ne fleurit que dans mon triste coeur.

    Pour avoir des souliers elle a vendu son âme.
    Mais le bon Dieu rirait si, près de cette infâme,
    Je tranchais du Tartufe et singeais la hauteur,
    Moi qui vends ma pensée et qui veux être auteur.

    Vice beaucoup plus grave, elle porte perruque.
    Tous ses beaux cheveux noirs ont fui sa blanche nuque ;
    Ce qui n'empêche pas les baisers amoureux.
    De pleuvoir sur son front plus pelé qu'un lépreux.

    Elle louche, et l'effet de ce regard étrange
    Qu'ombragent des cils noirs plus longs que ceux d'un ange,
    Est tel que tous les yeux pour qui l'on s'est damné
    Ne valent pas pour moi son oeil juif et cerné.

    Elle n'a que vingt ans ; - la gorge déjà basse
    Pend de chaque côté comme une calebasse,
    Et pourtant, me traînant chaque nuit sur son corps,
    Ainsi qu'un nouveau-né, je la tette et la mords,

    Et bien qu'elle n'ait pas souvent même une obole
    Pour se frotter la chair et pour s'oindre l'épaule,
    Je la lèche en silence avec plus de ferveur
    Que Madeleine en feu les deux pieds du Sauveur.

    La pauvre créature, au plaisir essoufflée,
    A de rauques hoquets la poitrine gonflée,
    Et je devine au bruit de son souffle brutal
    Qu'elle a souvent mordu le pain de l'hôpital.

    Ses grands yeux inquiets, durant la nuit cruelle,
    Croient voir deux autres yeux au fond de la ruelle,
    Car, ayant trop ouvert son coeur à tous venants,
    Elle a peur sans lumière et croit aux revenants.

    Ce qui fait que de suif elle use plus de livres
    Qu'un vieux savant couché jour et nuit sur ses livres,
    Et redoute bien moins la faim et ses tourments
    Que l'apparition de ses défunts amants.

    Si vous la rencontrez, bizarrement parée,
    Se faufilant, au coin d'une rue égarée,
    Et la tête et l'oeil bas comme un pigeon blessé,
    Traînant dans les ruisseaux un talon déchaussé,

    Messieurs, ne crachez pas de jurons ni d'ordure
    Au visage fardé de cette pauvre impure
    Que déesse Famine a par un soir d'hiver,
    Contrainte à relever ses jupons en plein air.

    Cette bohème-là, c'est mon tout, ma richesse,
    Ma perle, mon bijou, ma reine, ma duchesse,
    Celle qui m'a bercé sur son giron vainqueur,
    Et qui dans ses deux mains a réchauffé mon coeur.

  • baudelaire et Lydis Mariette

    En chinant dans les boutiques de livres de seconde main, je viens de faire la découverte d'une artiste que je ne connaissais pas: Lydis Mariette.

    Et j'ai envie de vous faire partager la qualité de ses gravures. 

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     -6 b-5Ce livre qui m'a tenté a pour titre: petits poèmes en prose de Charles Baudelaire et il est illustré de 22 gravures à l'eau-forte par cette artiste proche de Léonor Fini. (la lithographie  au fond orange est de Léonor Fini)finisphinx

     

     


    vous trouverez la biographie de Mariette Lydis ici ainsi que les livres qu'elle a illustrés


     

    voici un extrait de "petits poèmes en prose"

    - Le confiteor de l’artiste

    Que les fins de journées d’automne sont pénétrantes ! Ah ! pénétrantes jusqu'à la douleur ! car il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n'exclut pas l’intensité ; et il n'est pas de pointe plus acérée que celle de l’infini. Grand délice que celui de noyer son regard dans l’immensité du ciel et de la mer ! Solitude, silence, incomparable chasteté de l'azur ! une petite voile frissonnante à l’horizon, et qui, par sa petitesse et son isolement, imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces choses pensent par moi, ou je pense par elles ( car dans la grandeur de la rêverie, le moi se perd vite !) ; elles pensent, dis-je, mais musicalement et pittoresquement, sans arguties, sans syllogismes, sans déductions. Toutefois, ces pensées, qu'elles sortent de moi ou s’élancent des choses, deviennent bientôt trop intenses. L’énergie dans la volupté crée un malaise et une souffrance positives. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses. Et maintenant la profondeur du ciel me consterne; sa limpidité m'exaspère. L’insensibilité de la mer, l’immuabilité du spectacle, me révoltent... Ah ! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ? Nature enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi ! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil ! L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu.