coup de gueule

  • L'affaire Polanski

    misères

    Cette affaire Polanski, me laisse un goùt amer, d'autant plus que ce sujet me tient particulièrement à coeur.

    J'ai, en son temps, douloureusement produit une série de tableaux sur la condition des enfants exploités, martyrisés, marchandisés par les adultes.

    Si je peux comprendre que l'on s'indigne sur le fait que l'on profite d'un festival pour arrêter une personnalité, je m'interroge sur le comportement de cet homme, et l'interprétation donnée par certains du fond de l'affaire.

    Je m'interroge également sur la propension à minimiser la gravité des faits commis lorsqu'il sagit d'affaires concernant des personnalités, surtout si elles sont considérées comme faisant partie de " l'intelligencia" culturelle.


    Les faits:

    1977: Polanski était soupçonné d'avoir abusé d'une adolescente de 13 ans après lui avoir fait absorber de l'alcool et de la drogue lors d'une séance photo, pour le magazine Vogue, organisée au domicile de son ami Jack Nicholson, à Los Angeles.

    Il est arrêté à la suite d'une plainte déposée par les parents de la jeune fille.

    Dans un premier temps, il choisit de plaider coupable et effectue un séjour de quarante-deux jours en prison.

    Ensuite en 1978, il a fuit les  États-Unis pour la France,  afin d'échapper à la justice américaine.


    Ce que j'ai pu lire aujourd'hui dans la presse:

    Les propos qu'ils en disent et ce qui me heurte dans leur manière d'en parler:

    Ici, les mots "victime supposée"me heurtent profondément: une fillette de 13 ans que l'on fait boire et que l'on drogue, pour ensuite en abuser, est une victime.

    Il n'y a pas à remettre en cause son statut de victime. Je trouve ce comportement indigne.

    Est-on consentant lorsque l'on est droguée?

    Elle avait déjà eu des relations sexuelles,affirme-t-il !

    Est-ce une excuse?

    Mr. Polanski, était-il au courant de la vie passée de cette fillette venue poser pour se permettre de tels actes?

    • Le témoignage de la victime est sensiblement différent:

    "J'ai rencontré Roman Polanski en 1977, quand j'avais 13 ans. J'étais en quatrième cette année-là, quand il a dit à ma mère qu'il voulait prendre des photos de moi pour une revue française. C'est ce qu'il a dit, mais en fait, après avoir pris des photos de moi dans la maison de Jack Nicholson à Mulholland Drive (Los Angeles, Californie), il a fait quelque chose d'un peu différent. Il m'a donné du champagne et du Quaalude (un puissant sédatif). Et il a abusé de moi. Ce n'était pas du sexe consenti, en aucune façon. J'ai dit non, de manière répétée, mais il ne voulait rien entendre. J'étais seule, et je ne savais pas quoi faire. J'avais peur et, avec le recul, j'avais la chair de poule (...) C'est dur de se souvenir exactement de tout ce qui s'est passé (...)."

     


     

    Bien des enfants sont abusés dans leur enfance. Est-ce que cet acte premier passé justifierait ou atténuerait la gravité des actes suivants?  Dans les pays miséreux des enfants sont livrés à la prostitution, cela justifie-t-il le fait de " consommer" ces pauvres enfants, "forcés par les circonstances, à être consentants"?


    Où placez-vous messieurs, votre dignité?


    Cette manière de se défendre est bien peu reluisante!



    "Une histoire ancienne qui n'a pas vraiment de sens", cette phrase me choque, que l'histoire soit ancienne, je l'entend, mais dire qu'elle n'a pas de sens, cela me heurte. Est-ce que parceque l'histoire est ancienne, cela lui ôte tout sens?

    Les atteintes faites aux enfants et aux jeunes par des adultes m'horrifie au plus haut point, et que les victimes acceptent de jeter l'éponge pour l'une ou l'autre raison, ne justifie nullement que la justice, garante des droits de chacun, ne puisse se dérouler jusqu'au bout.

    De plus je trouve que le ministre est très mal placé pour parler "d' histoire ancienne qui n'a pas de sens"  lorsque l'on sait comment il se comportait, selon ses propres écrits,(La Mauvaise vie de Frédéric Mitterrand) lors de ses voyages dans les pays miséreux comme la Thaïlande.

    Je rappelle que c'est la misère qui pousse les jeunes de ces pays à se vendre et qu'à ce titre ce sont toujours elles, les victimes.

    Poursuivre les individus qui profitent de la misère d'autrui a toujours un sens, et non seulement cela a un sens mais cela devrait être le devoir de toute nation, qui respecte son peuple.


    "Y'a pas de viol dans cette histoire", a affirmé Costa-Gavras lundi matin sur Europe 1, signataire d'une pétition dénonçant l'arrestation de Roman Polanski dimanche en Suisse. Le cinéaste franco-polonais est poursuivi depuis plus de 30 ans aux Etats-Unis pour une affaire de moeurs et risque l'extradition. "Vous savez, à Hollywood, les metteurs en scène, les producteurs sont entourés de très beaux jeunes hommes, de très belles jeunes femmes qui sont grands, blonds et bien bronzés. Prêts à tout", explique le cinéaste à Marc-Olivier Fogiel. A la remarque que "la fille n'avait que 13 ans", il rétorque : "Mais vous avez vu les photos ? Elle fait 25 ! Donc, il faut cesser de parler de viol."


    Ce commentaire est édifiant et me laisse sans voix


    Pour compléter mon coup de gueule

    Sur cette affaire

    ROMAN POLANSKI : WANTED AND DESIRED
    Aujourd'hui, S. G., la victime, se déclare favorable à l'abandon des poursuites.

    Ce qu'en dit S.G. aujourd'hui:

     

    Aujourd'hui, je suis très heureuse dans ma vie. J'ai trois enfants et un mari. Je vis dans un endroit magnifique et j'aime mon travail. Que pourrais-je demander de plus ? Personne ne doit s'inquiéter pour moi.

    La seule chose qui m'inquiète, c'est

    que ce qui m'est arrivé en 1977 continue à arriver à des filles tous les jours.

    Mais si les gens s'intéressent à moi, c'est

    parce que M. Polanski est une célébrité. Je ne trouve pas ça juste. Il y a certainement d'autres personnes à qui cela pourrait vraiment servir.


    Dernière note: à l'heure où j'écris ce billet d'humeur, la radio diffuse l'information suivante:"Kouchner qualifie cette arrestation de "sinistre".

    Je pense que le" sinistre" se trouve ailleurs dans cette affaire.