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  • baudelaire et Lydis Mariette

    En chinant dans les boutiques de livres de seconde main, je viens de faire la découverte d'une artiste que je ne connaissais pas: Lydis Mariette.

    Et j'ai envie de vous faire partager la qualité de ses gravures. 

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     -6 b-5Ce livre qui m'a tenté a pour titre: petits poèmes en prose de Charles Baudelaire et il est illustré de 22 gravures à l'eau-forte par cette artiste proche de Léonor Fini. (la lithographie  au fond orange est de Léonor Fini)finisphinx

     

     


    vous trouverez la biographie de Mariette Lydis ici ainsi que les livres qu'elle a illustrés


     

    voici un extrait de "petits poèmes en prose"

    - Le confiteor de l’artiste

    Que les fins de journées d’automne sont pénétrantes ! Ah ! pénétrantes jusqu'à la douleur ! car il est de certaines sensations délicieuses dont le vague n'exclut pas l’intensité ; et il n'est pas de pointe plus acérée que celle de l’infini. Grand délice que celui de noyer son regard dans l’immensité du ciel et de la mer ! Solitude, silence, incomparable chasteté de l'azur ! une petite voile frissonnante à l’horizon, et qui, par sa petitesse et son isolement, imite mon irrémédiable existence, mélodie monotone de la houle, toutes ces choses pensent par moi, ou je pense par elles ( car dans la grandeur de la rêverie, le moi se perd vite !) ; elles pensent, dis-je, mais musicalement et pittoresquement, sans arguties, sans syllogismes, sans déductions. Toutefois, ces pensées, qu'elles sortent de moi ou s’élancent des choses, deviennent bientôt trop intenses. L’énergie dans la volupté crée un malaise et une souffrance positives. Mes nerfs trop tendus ne donnent plus que des vibrations criardes et douloureuses. Et maintenant la profondeur du ciel me consterne; sa limpidité m'exaspère. L’insensibilité de la mer, l’immuabilité du spectacle, me révoltent... Ah ! faut-il éternellement souffrir, ou fuir éternellement le beau ? Nature enchanteresse sans pitié, rivale toujours victorieuse, laisse-moi ! Cesse de tenter mes désirs et mon orgueil ! L’étude du beau est un duel où l’artiste crie de frayeur avant d’être vaincu.